Elle était belle, mais ne manifestait pas le désir de se marier.
Les prétendants, tous, étaient éconduits.
Le père finit par demander à sa fille : Dis-moi comment tu voudrais ton bien-aimé.
- Mon père, répond la jeune fille, j’épouserai celui qui saura remplir toute la pièce.
- C’est tout ?
- Oui.
Le père a transmis le message, et la condition, saugrenue sans doute, a circulé dans le pays. Un premier homme est arrivé. Il a apporté des roses. Une chambre entière pleine de roses.
La princesse est arrivée. Elle a regardé
. - Père, entre les roses, il reste de la place.
Un deuxième prétendant est arrivé. Il apportait des coussins par centaines, qu’il a entassés dans la chambre.
La princesse est arrivée. Elle a regardé.
- Père, entre les coussins, il reste de la place ? je n’épouserai pas cet homme.
Un troisième est arrivé, il avait les mains vides. Il a demandé qu’on enlève tous les meubles de la chambres. Il a attendu la nuit.
Alors dans la chambre il a allumé une bougie.
La lumière a rempli toute la pièce.
La princesse l’a épousé.
Mais le soir des noces, elle lui a dit :
Tu sais, il y avait un espace dans la pièce qui n’était pas rempli.
- Où ? a demandé le jeune homme.
- Sous la bougie. Sous la bougie il n’y avait pas de lumière.
- Alors, a demandé le jeune homme vexé, pourquoi m’as-tu épousé quand même ?
Elle a attendu un moment avant de répondre. Elle a souri :
- Pour que tu saches que, quelle que soit la lumière que je mettrai pour toi dans mon cœur, il y aura toujours une zone d’ombre qu’il faudra respecter."